Lu dans la presse

D'un Martin à l'autre

 

Des professionnels du privé revendiquent leur part d'urgences

 
Il y a les rouges et puis… les blancs. « On a le même matériel », les défend Damien Houdelatte, des Trois Rivières.

Il y a les rouges et puis… les blancs. « On a le même matériel », les défend Damien Houdelatte, des Trois Rivières.


HIRSON (Aisne) Les ambulanciers du privé ne sont pas seulement des taxis médicalisés. Ils ont aussi une mission de secours, trop peu exercée au goût de certains d'entre eux.

«NOUS avons exactement les mêmes savoirs que les pompiers. Nous sommes équipés pareil. C'est dommage d'être formé et de ne pas pratiquer », lance Damien Houdelatte, employé aux Trois Rivières à Hirson. Ce jeune ambulancier, qui se revendique secouriste, aimerait se voir proposer plus souvent des urgences.


De garde
Dans l'Aisne, une convention tripartite, renouvelée en 2010, entre le SAMU, le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et l'Association des transporteurs sanitaires d'urgence (ATSU) régit le secours aux blessés et malades urgents.
En cas d'appel au 15, le SAMU est un peu le chef d'orchestre. En fonction du lieu et de la gravité, il choisit qui envoyer sur place. Généralement, les ambulances privées sont mobilisées pour des interventions à domicile n'impliquant pas de « risque vital », par exemple un malaise.


En vertu de cet accord, la nuit et les week-ends, les sociétés d'ambulances prennent des gardes tournantes (entre cinq ou six sociétés différentes en Thiérache) rémunérées par le SAMU.
En revanche, la journée en semaine, les ambulanciers se connectent, lorsqu'ils sont disponibles, à un serveur qui leur permet de suivre les demandes d'intervention. Au cas où aucun ambulancier privé ne prend la mission proposée, le SAMU se tourne vers les pompiers, c'est ce que l'on appelle, dans le jargon, « une carence de privé ».


Il y en a un certain nombre : par exemple, la semaine dernière, dans près d'un quart des cas, les pompiers d'Hirson sont intervenus pour une carence de privé. L'accord tripartite aurait-il des ratés ?
Le travail « ordinaire » et la rentabilité sont logiquement la priorité de cette profession. Dans un secteur à la population peu dense, il n'y a pas assez d'appels du SAMU pour justifier la mise en place, coûteuse, d'une équipe de deux personnes dédiées, comme cela peut être le cas dans les grandes villes. « Il faut que nos chauffeurs tournent », résume Odette Rey, des ambulances Rey-Sinet à Hirson.


Chômage technique
Reste que dans certains cas, à leur grand étonnement, alors qu'ils sont disponibles, les ambulanciers privés voient des interventions confiées aux pompiers en carence de privé.
« À Guise, il y a quelque temps, ils voyaient passer les pompiers, alors qu'ils étaient chez eux », se souvient Odette Rey-Sinet.
« C'est parfois une facilité, le SAMU ne regarde pas toujours attentivement les disponibilités du côté du privé », estime, quant à lui, Damien Houdelatte.
Pour sa part, cet ambulancier assouvit son goût du secourisme en étant… pompier volontaire à Hirson, et il n'est pas le seul, paraît-il.
P.V.

 

Le rôle des pompiers

 
Le secours à personnes représente la majeure partie (79 % en 2010) de l'activité des sapeurs-pompiers d'Hirson. Suivant l'accord passé avec le SAMU et les ambulanciers privés, ils prennent « toutes les interventions sur la voie publique et celles à domicile seulement en cas de détresse vitale », rappelle le chef de centre, le lieutenant Nicolas Martin.

Cependant, régulièrement, les pompiers sortent pour carence d'ambulances privées. « C'est assez aléatoire. Par exemple, en début d'année, nous le faisions un peu plus. Pour le moment, le volume de carences que nous avons reste gérable. »
Ce n'est pas la sortie qui plaît le plus : « Ce type d'intervention pour des faits moins graves est peut-être aussi moins gratifiant mais nous le prenons comme un service public. »