Lu dans la presse

JURA. Le torchon brûle entre pompiers et ambulanciers au tribunal

Article paru dans LE PROGRES.FR
Justice. Les juges bisontins parviendront-ils à éteindre le feu qui couve depuis des années entre pompiers et ambulanciers pour l’attribution des secours ? Réponse le 4 juin.

Photo archives Philippe Trias

Sur les lieux des drames qui émaillent la vie quotidienne, ils travaillent parfois au coude à coude pour ne pas dire la main dans la main. Et pourtant, entre les pompiers et certains ambulanciers, c’est le bras de fer aujourd’hui autour d’un communiqué reproduit sur le site internet de l’Union départementale des pompiers du Jura. En cause, les choix par le centre 15 qui dispatche les secours, d’attribution des missions d’urgence. En 2013, les pompiers estiment que les ambulanciers sont privilégiés à leur détriment. Le colonel Tailhardat, président régional, le fait savoir très officiellement aux responsables de l’Agence régionale de Santé. Il nomme même une société d’ambulances en particulier, Jussieu Secours, estime que c’est « inacceptable » et ajoute « dangereux pour la population ». Un communiqué repris in extenso sur le site internet de l’UDSP du Jura. Et c’est là que le bât blesse. Jussieu Secours et l’un de ses représentants dans le Doubs citaient mercredi devant le tribunal de Besançon les deux responsables des soldats du feu pour diffamation et complicité. Si les hommes en blanc étaient bien esseulés sur le banc des plaignants, les pompiers montraient, eux, ce qu’est « l’esprit de corps ». Képis, boutons briqués ou décorations, une trentaine d’officiers, sous-officiers, hommes ou femmes en tenue d’apparat, ont investi dans l’ordre et la discipline la salle d’audience pour soutenir sagement leurs collègues. Et assister aux passes d’armes entre Maîtres Pichoff, pour les ambulanciers, et Daoud, pour les pompiers. Le premier soutenant que ses clients ont bien été diffamés puisque nommément cités et visés par le terme « dangereux » susceptible de « porter atteinte » à leur honneur et leur considération. « S’ils avaient utilisé le terme « inacceptable » par exemple, d’accord, pas de problème, mais était-il nécessaire d’utiliser dangereux… » Me Daoud s’enflamme, lui, contre ces poursuites au pénal contre des pompiers soutenus dans une pétition « même par des ambulanciers ». Dans ce contentieux qui dure depuis 2008, le colonel n’a fait, selon lui, « que restituer l’opinion des pompiers ». Et si quelqu’un est vraiment mis en cause dans les propos incriminés c’est à son sens le responsable du centre15. « Il est où ? Je ne le vois pas ici. » Bref pas de diffamation mais des propos un peu « vifs dans le cadre d’un débat d’intérêt général » pour l’avocat qui demande la relaxe.

Le substitut Vukadinovic estime, lui, que les « rouges » ont exprimé « peut être un peu trop vivement une opinion légitime » et que les « blancs » se sont peut-être un peu vite « précipités à ester en justice » avant de s’en remettre à la sagesse du tribunal. Qui rendra sa décision le 4 juin