Les gendarmes de Saint Tropez n'aiment vraiment pas les ambulanciers privés !

Les gendarmes de Saint Tropez ne sont pas aussi sympathiques que Louis de Funès lorsqu'ils interpellent et immobilisent une ambulance privée qui se rendait toute sirène et gyrophare en action, sur demande du SAMU 83, en urgence au chevet d’un patient de 86 ans qui souffrait d’une importante détresse respiratoire.
Il a fallu toute la présence d’esprit de l’équipage qui a immédiatement informé le médecin régulateur du SAMU de la situation afin qu’il dépêche un autre moyen pour que ce brave octogénaire ne passe l’arme à gauche faute de souffle et d’oxygène.
Les gendarmes ont pu ainsi à leur aise contrôler les ambulanciers sans relever d’infraction. Vous comprendrez donc qu’en période d’inversion des normes, une infraction éventuelle au code de la route est beaucoup plus importante que la vie d’un brave retraité.
Dans l’attente d’une intervention des autorités sanitaires du département pour expliquer aux gendarmes de Saint Tropez que les ambulanciers privés ne font pas de cinéma une prévision de grève de transport sanitaire et en cours.


Voir l’article de Var matin

 

Par solidarité avec un confrère qui s'est fait contrôler par les motards de la BMO alors qu'il se rendait sur une intervention d'urgence, les ambulanciers ont cessé leur activité "jusqu'à nouvel ordre".

L'événement est peu banal: "Cela fait 37 ans que je suis ambulancier dans le Golfe et c'est bien la première fois que l'on fait grève!", relate Michel Davesne, président des ambulanciers privés du Golfe de Saint-Tropez.

L'objet de cet arrêt de travail inopiné? L'interpellation, vendredi à Gassin, non loin des locaux de la DCNS, d'un ambulancier par les gendarmes de la Brigade mobile (BMO), alors qu'il se rendait à Saint-Tropez.

"COMME UN DÉLINQUANT DE LA ROUTE'

"Il devait être 9 h du matin. Je partais, sur appel du SAMU83, chez un homme de 86 ans qui avait fait un malaise et était en difficulté respiratoire", raconte Stéphane Davesne.

Le professionnel de 31 ans qui avait actionné son avertisseur sonore et lumineux, - le "deux-tons" dans le jargon - estime rouler "tranquillement" lorsque sa route croise celle des militaires à moto. "J'ai vu débouler deux gendarmes qui m'ont presque pris pour un délinquant de la route. Après avoir été obligé de m'arrêter, j'ai dû présenter tous mes papiers. J'ai fini par appeler le SAMU pour qu'il envoie un autre véhicule."

Et l'homme, par ailleurs formateur dans une école d'ambulancier, d'ajouter: "Ce qui me dérange le plus, c'est la perte de crédibilité auprès de la population, car je double des voitures et ce sont les mêmes qui me voient ensuite me faire arrêter…"

Malgré l'absence de verbalisation, l'incident a été jugé suffisamment important pour que l'ensemble de la communauté des ambulanciers du Golfe cesse, le même jour, son activité, par solidarité avec le confrère.

"J'ai été arrêté une fois, moi aussi, témoigne cet ambulancier à la Croix Bleue. J'ai eu beau montrer les textes de loi en la matière, cela n'a pas suffi. Vous savez, nous avons 30 minutes pour intervenir. Une tâche pas toujours simple dans le Golfe de Saint-Tropez." Et d'avertir: "On peut ne pas mettre le gyrophare mais on va mettre une heure à venir…", avertit-il.

UNE RÉUNION ENTRE LA PRÉFECTURE ET L'ARS

Cette grève des urgences (car les affaires courantes continuent malgré tout) doit perdurer jusqu'à "nouvel ordre" mais elle pourrait s'achever... aujourd'hui même.

En effet, selon nos informations, l'ARS, l'autorité régionale de la santé -l'institution référente en la matière-, a rendez-vous avec les services préfectoraux afin de mettre les choses à plat. Pour M. Davesne, il ne peut y avoir qu'une seule issue à cette réunion: "La réglementation étant claire nous attendons que le préfet explique à nouveau aux gendarmes que nous sommes un service public, que nous intervenons sur demande du SAMU et qu'il faut nous laisser faire notre travail", insiste-t-il. Stéphane, lui, n'exclut pas le cas échéant, de faire appel à la solidarité au niveau... "départemental".